Newsletter n°11

Le Conseil Constitutionnel a validé la quasi-totalité des mesures de l’extension du pass sanitaire. D’ores et déjà, des manifestations continueront au cours de cet été. Ils sont « sans masque » et refusent la « vaccination ». La question de l’abandon du civisme et de la responsabilité individuelle dans un néolibéralisme triomphant ne fait guère de doute. En effet, le président de la République et son gouvernement ont dû faire des choix – critiquables – en lien avec une pandémie inédite et un variant contagieux.

D’une manière ou d’une autre, il convient de tout faire afin que nous revenions dans le « monde d’après » qui ressemble au monde d’avant en créant une fracture sur les questions sociétales et la notion même du progrès. Bien qu’il diffère selon les philosophies politiques, il ne fait guère de doute que la « fin de la pandémie » se traduit entre autres par un saut dans le futur pour les différentes générations. Pourtant, au pays de Voltaire, les anti-Lumières afin de paraphraser le livre de Zeev Sternhell se complaise dans l’obscurantisme débridé.

Cette minorité clairement bruyante aux frontières en lien avec l’extrême-droite parfois la plus radicale utilise le drapeau de la liberté. Qu’importe si d’une certaine manière, leur liberté n’est pas vraiment la même que la nôtre. Dans une démocratie, la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Or, il n’y a guère d’illusion que la division sur la notion même de libertés entre ceux qui hurlent à la « dictature sanitaire » comme l’organisation d’extrême-droite et eugéniste « Réinfo-Covid » et ceux qui défendent le « pass sanitaire » n’ont pas vraiment les mêmes notions philosophiques. Les uns s’inscrivent dans une philosophie libérale alors que les autres sont concrètement dans une approche libertarienne d’extrême-droite. Ainsi, la liberté demeure une contradiction et une incompréhension entre les deux. Les uns posent des bornes alors que les autres la veulent absolue. D’où le problème de dialogue entre les deux parties. En effet, l’eau ne se mélange pas avec l’huile.

La question également d’un QR Code dans un carnet de vaccination entièrement numérique ne devrait guère poser de question en 2021. En effet, le carnet de santé a été rendu obligatoire en … 1945 certainement sous le ministre communiste Ambroise Croisat. Il était d’ailleurs appliqué dès 1938 et dès le XIXᵉ dans certaines villes. Est-ce qu’il s’agit d’une atteinte à la liberté individuelle ? Au contraire, cela permet de garantir les libertés collectives et a fortiori individuelles. Ainsi, nous pouvons d’une certaine manière critiquer le « pass sanitaire » notamment dans le fait qu’il est, ne peut s’appliquer dans l’état puisque pour vérifier le QR Code, il faut une vérification d’identité. Or, seules les personnes sous l’autorité d’un Officier de Police Judiciaire selon le Code de Procédure Pénal peuvent le faire. Ainsi, il s’agit d’un « effet d’annonce » pour un certain nombre d’endroits qui est obligatoire et de facto ne pourra pas être appliqué. Puis, la façon dont le QR Code peut être falsifié interroge longuement sur la question technologique. À ce jour, un marché noir a été créé. Autrement dit, cela montre les limites de l’efficacité de ce dernier.

La mesure qui fait le plus de bruit s’inscrit d’une certaine manière dans la vaccination obligatoire des soignants. La question du « bon sens » et de l’intérêt collectif semble clairement passer outre. La notion de rendre obligatoire la vaccination provoque un tollé. Quid de la santé des patients et de la réduction des risques des « maladies nosocomiales » ? Pourtant, le vaccin était attendu. Nous avons assez de recul – soit près de cinquante ans – en ce qu’il concerne l’ARNm. D’autres questions concernant le fonctionnement des laboratoires pharmaceutiques peuvent se poser, mais la critique complotiste ne peut que déboucher à soutenir le merveilleux monde du capitalisme avec la question d’une défense du brevet, c’est-à-dire la propriété privée intellectuelle, la concentration du capital et des moyens de production, etc. D’ores et déjà pour enrayer l’épidémie, la notion d’obligation semble nécessaire puisque la « liberté vaccinale » n’a aucun effet et ne fait que réveiller des maladies quasiment disparues comme la rougeole. L’obligation de se vacciner s’inscrit également dans une notion de défense et de promotion du progrès.

La question majeure que nous pourrions nous poser réside dans le fait d’advenir à nos propres positions idéologiques et au fossé qui s’est creusé au sein de notre pays en raison de la crise sanitaire. Il faudra prendre ses responsabilités et surtout les assumer quand les archives ressortiront.

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